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Confin' attitude

 

le 20 août 2020 

CONFIN' ATTITUDE

Ils ont tout essayé pour ne pas s’ennuyer,
La cuisine, la couture, le vélo, l’écriture.
Ils ont tout essayé pour le temps faire couler
Avec plus ou moins de succès ou de bavures.

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Ma Guy Raison

 

le 10 septembre 2020 

MA << GUY RAISON >>

Je venais chez lui pour soigner ma colonne,
Je le savais choyer les os mieux que personne.
Mais quand il me dit : « déshabille-toi Jeannot ! »
J’avoue, un frisson glaça le bas de mon dos.

.


Certes, je connaissais le grand art de son doigté,
Cependant, soudain, j’eus peur d’être tripoté.
Quand, une fois déloqué sur son grand sofa,
Il poursuivit par « tourne-toi, que je vois ça ! »,
J’oubliais alors ses gestes, comme ses paroles,
Me laissant envoûter, mou sur mes guiboles.

Un certain plaisir m’envahit rapidement,
Effaçant mes craintes et tortures, lentement.
Mon plaisir cessa, quand, d’un ton anormal,
Il me glissa : « attention, ça va faire mal ».
Et en un bref craquement, sous ses doigts zélés,
Je grimaçais, me décontractais, jubilais !

Même pas le temps d’avoir peur, la délivrance !
La fin de mes douleurs, telle une jouissance !
Finis mes maux, finie souffrance, finis supplices !
Bonjour bien-être, jusqu’à l’antre de mes cuisses.

Ah, j’allais oublier de lui dire MERCI,
Et de vous préciser que mon sauveur… c’est GUY !

Jean de la Fontaine 
<<kiné>> pas tarie

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Pandémie Pendez-moi

 

le 2 octobre 2020 

PANDEMIE, PENDEZ-MOI !

À l’hosto, hors ma région,
J’ai mauvaise réputation
Même si j’trouve le bon médicament,
Je vais passer pour un charlatan.
J’aide pourtant les officines,
En prescrivant ma chloroquine.
      Mais les grands profs n’aiment pas que,
      L’on soigne autrement qu’eux
     Tout le monde se rit de moi,
     Sauf à Marseille… ça va de soi !

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Egoïste et morbide réalité

 

le 17 Mai 2020 

égoïste et morbide réalité

Va-t’en, sournois virus faire ta pub ailleurs !
Oublie-nous quelque peu et cesse tes frayeurs !
Vide plateaux-télé, bannis journalistes !
Déserte nos journaux et quitte enfin la piste !
       On était bien avant,
       Sans toi, méchant truand.

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Les baisers, contez-vous

 

le 5 Juin 2020 

Les baisers, contez-vous !

Eh oui, hier encore, on s’embrassait de partout !
Avec pour dire bonjour, de jolis « poutous »
Pour se dire je t’aime, on se tirait « galoches »
Mais aujourd’hui, fini tout ça ; Que c’est moche !

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Tirade du virus

 

le 27 Avril 2020 

Tirade du Virus

« Moi, monsieur, un vulgaire microbe ?
Moi qui peux sévir sur tout le globe ?
Je trouve votre critique quelque peu cocasse,
Dénotant, chez vous, un évident manque de classe ».


« Ah, non, c’est un peu court, jeune homme,
On pourrait dire, oh Dieu… bien des choses en somme ».

Agressif :

Vous êtes, vilaine bestiole,
À mes yeux, qu’une pâle rougeole.
J’aimerais demain, vous étrier,
Pour vous voir mourant à mes pieds.

Interrogatif :

Qu’elle était cette rouge corona,
Qui, jadis, sur votre tête trôna ?
Était-ce l’espoir, un peu sournois,
D’être, un jour, déclaré Roi ?

Marseillais :

Vieille « favouille » de quartier, oh putain,
Va faire le « cacou » un peu plus loin.
Prends le premier bateau pour le Frioul,
Ou je t’envoie le professeur Raoult.

Scolaire :

Grâce à toi Covid, adieu tristesse,
Fini enfin, maîtres et maîtresses,
On a fermé les classes, c’est la « récré »,
Encore un petit effort, jusqu’aux mois d’été.

Éthylique :

Ne déconne pas, je ne peux plus te voir,
Par ta faute, on m’a occulté comptoirs,
Lâche-nous un peu la cuisse,
Pour que bistrot rouvrir on puisse.

Prédicateur :

Toi, petit virus de bas étage,
Évite les gens de grand âge,
Épargne nos vieillards malades,
Qui, par centaines, meurent en EHPAD ;


« Voilà ce qu’à peu près, mon cher, vous m’auriez dit,
Si vous aviez un peu de lettres et d’esprit.
Sachez que les critiques, je me les sers
Et que je vous interdis d’en faire vos desserts ».


Jean de la Parodie

NB : en rouge, vrais extraits de la tirade de Cyrano de Bergerac.

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Crocs Niqueurs

 

le 27 Avril 2020 

"CROCS NIQUEURS"*

Quelques jeunes blancs-becs, costume-cravate,
Journalistes zélés aux airs d’automates,
Gendre idéal ou encore premier de la classe,
Débattent, questionnent, palabrent et jacassent.

Ils croient tout savoir, du vrai comme du faux,
Apostrophant passants du haut de leurs micros,
Ou, en de beaux studios, en représentation,
Ils viennent s’appliquer à traquer l’émotion.

Ils savent argumenter en des mots bien lissés,
Qui, même incompris, assurent leurs effets.
Ils vont, ces beaux parleurs, couper sans vergogne
Paroles aux invités, comme des charognes.

Trop se mettre en avant, négligeant l’essentiel,
Parlant trop curare en oubliant le miel,
C’est toujours dans l’excès, avec un ton prêcheur,
Qu’ils vont se délecter, des autres, du malheur.

Je ne les aime pas et vous l’avez compris,
Je n’ai, pour eux, qu’antipathie et vil mépris.
Au diable ces journalistes dont les bouches
Ne soufflent que vent d’alarme et d’effarouche.

Et si je parle ainsi de ce ton véhément
C’est que je n’en peux plus de mon confinement.

Jean de la Fontaine des Jours No !


* Chroniqueurs

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Des Confits

 

le 28 Avril 2020 

DES CONFITS

 

 

Je redoute le onze mai, je redoute demain,
J’ai la hantise d’avoir perdu la main.

De longues semaines sans vrais déplacements,
Vais-je encore savoir manier volant ?
Mes réflexes seront-ils revenus à la normale,
Pour ne pas me mélanger les pédales ?

À trop rester cloîtré loin de la foule,
Ne vais-je pas, demain, devenir maboule ?
Ne plus accepter les tristes bousculades,
Et les embouteillages en escalade ?

À ne respirer que le bon air de chez moi,
Vais-je accepter, d’un air vicié, être la proie ?
Mes poumons vont-ils supporter en sourdine
Gaz d’échappement et odeur des usines ?

Au tapage de mes silences quotidiens,
Mon ouïe ne refusera-t-elle pas le cri des chiens ?
Et dans un vacarme incessant et agité,
Pourra-t-elle retrouver toute sa sérénité ?

Je redoute le onze mai, je redoute demain,
J’ai la hantise d’avoir perdu la main.
Je redoute l’après, c’est maintenant,
J’ai la hantise du déconfinement.

Jean du 11 Mai

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AUJOURD’HUI, DEMAIN

 

le 28 Avril 2020 

AUJOURD’HUI, DEMAIN

 

Dans ce monde inouï, vicié et « coroné »,
Tout va changer aujourd’hui, il faut s’y habituer.

Un carré de tissu, il nous faudra porter,
Avec cette impression de vouloir se cacher,
Dans la rue, les écoles ou encore le métro,
La tête dans les épaules, partant pour le billot.

Avec tous nos amis, plus de tendres bisous,
Que l’on posait selon, sur la bouche, sur les joues.
Et les sincères embrassades devenues taboues,
Se dire un bref bonjour en se cognant genoux.

Respecter distances, avec votre voisin,
Quand, dans l’escalier, il croise votre chemin.
Il n’a pas la peste, mais faut faire attention,
Ce n’est pas le moment d’infecter la maison.

Ah, j’allais omettre, passer au robinet
Vos jolies menottes, pour les bien nettoyer.
Faudrait pas que codiv vienne s’y installer
Et se développer, sans y être invité.

Pareil à la ceinture de sécurité,
Comme au préservatif et sa banalité,
Toutes ces contraintes, hier encore irréelles,
Deviendront dès demain, réactions naturelles.

Jean de Demain

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