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Tout ce qu'on vous doigt

 Le 3 janvier 2022

 

TOUT CE QU'ON VOUS "DOIGT"

Un doigt levé pour demander la parole,

Un doigt dressé comme à la petite école.

Un doigt pour appuyer sur l'étage à monter,

Un doigt pour, sur la joue, une larme essuyer,

Un doigt de porto, un doigt de jugeote.

Deux doigts pour compter des billets, façon grigou,

Deux doigts pour tourner une clef et ouvrir le verrou,

Deux doigts pour jeter les cartes à la belote.

Trois doigts pour dessiner et oser un fusain,

Trois doigts pour lever un verre à son cher cousin,

Trois doigts pour une tasse et les autres en l'air.

Quatre doigts serrés dans une moufle en hiver,

Quatre doigts collés pour un salut militaire,

Quatre doigts maudits et tendus comme Hitler.

Cinq doigts levés pour un jour se faire arrêter,

Cinq doigts d'ire pour un soir se faire gifler,

Cinq doigts pour le slogan "touche pas à mon pote".

Dix doigts à faire danser un clavier,

Dix doigts dans la poche pour aller balader,

Dix doigts cuisiniers à faire la popote.

Mes dix doigts à espérer, ton corps caresser,

Mes deux mains liées, pour te prier de rester.

Jean de la Fontaine, comme il se "doigt" !

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J'en Bricole

 Le 15 décembre 2021

 

J'EN BRICOLE

Artisan de l'Amour, bricoleur du désir,

J'use mes outils sur l'établi du plaisir.

Christine, Brigitte, Sylvie ou Margot,

Je me mélange parfois les pinceaux.

Assis, couché, je brosse à en devenir marteau,

Coincé par ces belles comme dans un étau.

Cheville ouvrière au niveau de la bricole,

Avec ma queue de rat, je lime et je rafistole.

Je me retrouve souvent au bout du rouleau

Avec sans cesse ma verte pointe sur le billot.

Et si, c'est vrai, j'en déboulonne à la pelle,

C'est parce que j'en pince pour elles.

Au jardin, en forêt, au plumard,

Je forge ma réputation en père peinard

Au risque de prendre un jour une taloche

D'une qui va cogner d'un coup de pioche.

Tel le roi Merlin, je prends mon pied en coulisse,

Seul, j'ai les clefs à mes profonds caprices.

J'ai des qualités qu'ont pas les fines lames,

Je suis celui qui loue tout chez la femme.

Rond d'elles et le boulon plus gros que l'écrou

J'ai bien du mal à faire sauter le verrou.

Et à vouloir trop souvent rouler des pelles,

On me ramasse, çà et là, à la petite truelle.


Maintenant ma baladeuse, aux pieds de biche,

Rallonge mes circuits et branche mes fiches

Dans ma boîte à outils, comme un coup de hache,

Un court-circuit, comme un grand flash.

À grands coups de burin et de lourds maillets,

De fil en aiguilles, mes règles ont changé.

Elle perce mes demandes, sans ramener sa fraise,

Elle me met à l'équerre, les grands jours de….

Alors, avant que cela ne tourne au vice,

Je ferme les yeux, trop rivés sur leurs cuisses.

Et le clou de ces quelques mots "impénétrables"

Sera d'avoir joint l'outil… à l'agréable.

Jean de la Fontaine du bricoleur
Au jour J et au point P
Entre Casto et Bricodépo

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Ecriture

 Le 26 décembre 2021

 

ÉCRITURE

Que tu es belle, Écriture,

Avec tes pleins et tes déliés,

Et quelle belle aventure

De goûter à ta lecture,

De tes mots toujours assoiffé.

Avec grande dextérité,

Ou tapée à la machine,

Tu t'invites en toute amitié,

À mes yeux éberlués,

Qui, sur toi, ont pris racine.

Que tu es belle, Écriture,

Quand tu nais au bout d'un stylo,

Sous ma main souple et sûre,

Que tu enchantes ou captures

Par le destin de tes héros.

Avec ton imagination,

Tu racontes et me fais rêver,

D'un poète en inspiration,

Ses plus intimes sensations

Qui vont bien vite me faire pleurer.

Que tu es belle, Écriture,

Quand tu danses sur mon blanc papier,

Avec d'une star la cambrure,

D'un arc bandé la courbure,

Ou d'un artisan le métier.


Que tu es belle, Écriture,

Dans ton train de minuscules,

Cheminant à ton allure,

Entre excès d'Épicure

Et la grâce d'une majuscule.

Toi, fille d'Éole et de caractères,

Page du poète, serviteur de mes doigts,

En gras ou en bâton, scolaire ou populaire,

Oblique ou droite, joyau des libraires,

Continue de régner et de dicter tes lois.

Jean de la Fontaine au service des mots

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Podium maudit

 Le 15 février 2022

 

[1]PODIUM MAUDIT

Les premières semaines de ce printemps 2019 me réconcilient avec ma passion, le vélo. À cette période, les jours s'allongent au même rythme que mes entrainements et le soleil m'accompagne de plus en plus lors de mes sorties qui deviennent presque quotidiennes. Certes, je ne suis qu'un cycliste amateur, mais j'aime me faire mal, pousser l'effort très loin et même me fondre parfois dans un peloton "Élite", juste pour me prouver qu'à trente-huit ans, je ne suis pas encore "bouilli"1.

Mes dix-sept années de cyclisme ne m'ont jamais donné le bonheur de lever les bras sur une ligne d'arrivée. Quelques places parmi les dix premiers sont mes plus beaux résultats. Cependant, le grand amour que je porte à la "petite reine" me suffit pour ne jamais renoncer, pour toujours aller de l'avant, pour toujours et encore avoir l'envie de me mesurer aux meilleurs. Il est vrai que, secrètement, avant de raccrocher, j'aimerais bien avoir cette sublime sensation de monter sur le podium et de préférence sur la plus haute marche; Tant qu'à faire !

Dimanche quatorze avril 2019 : de ce jour, je m'en souviendrai toute ma vie, rien ne viendra me faire oublier cette date. Elle restera gravée dans ma mémoire, comme le jour de mon mariage, celui de la naissance de mon fils, comme un tatouage indélébile.

5 h                   La sonnerie de mon réveille-matin m'invite à me lever. Mais, il y a déjà plus d'une heure que je suis réveillé et que je tourne dans mon lit, commençant à me faire le film de cette journée. Oui, je cogite, car aujourd'hui, je cours à Manosque. Une classique de 112 km. Quatre tours de 28 km, sur un parcours qui, apparemment, me convient assez bien. Tout est déjà prêt et depuis hier, soigneusement rangé dans la voiture.

7 h                   Je passe prendre mon père qui cumule plusieurs fonctions : entraineur, conseiller technique, mécano, soigneur et bien sûr premier admirateur. Papa a fait du vélo toute sa vie et lui, il en a gagné des courses !

                        Tout semble presque parfait. Cependant, il y a comme un bémol à mon entrain, à mes envies, à ma joie de participer à cet événement : Manon ! Ma promise, mon amour, ne sera pas présente aujourd'hui. Le coiffeur, des achats entre copines et autres petites obligations vont la priver du spectacle, et quel spectacle ! C'est bien regrettable, car, avec Manon au départ et aux différents passages, c'est pour moi, un atout supplémentaire. Mais, comme le chante si bien l'ami Georges2 "Il y a des jours où Cupidon s'en fout", tant pis, dommageable ! On verra bien.

9 h                   La ligne de départ : je reconnais, çà et là, des copains, des amis, des adversaires d'hier, des cracks, des vainqueurs potentiels. La pression monte et je commence à gamberger. N'ai-je rien oublié ? Mon casque, mes gants, mes gourdes, non, apparemment, non ! Du moins… je le pense.

9 h 30              D'un coup de fusil de chasse, monsieur le Maire de Manosque délivre ce troupeau multicolore sous les applaudissements de supporters et spectateurs déchainés. Et c'est parti !

10 h 30            Je suis toujours dans le peloton, bien calé à l'abri, les jambes semblent "bonnes", les sensations bien présentes et le rythme me convient. Si ça pouvait durer jusqu'au final !

                        Premier passage sur la ligne : RAS

                        Deuxième tour, juste une échappée de quatre baroudeurs, vite contrôlée par un peloton, déjà moins étoffé.           

                        Troisième tour : Tout va basculer. C'est fini ! Soudain, un trou, un grand bruit métallique, c'est ma chaîne qui vient de sauter du plateau. Je dois m'arrêter et rapidement remettre de l'ordre à mon pédalier. Les mains souillées, le pouls à 300 (façon de parler), très énervé, je trouve cependant la force de repartir, mais dans un deuxième groupe. Un seul objectif dès lors, revenir dans le peloton de tête. Ouf ! Après un effort soutenu, me revoilà parmi les premiers, mais à quel prix ! On en termine avec le troisième tour (84 km).

                        Dernier tour, la cloche ! Je me suis refait une santé. Je n'en reviens pas, je suis toujours avec les cracks. C'est Papa qui a dû être surpris de me voir passer pour la troisième fois avec les meilleurs, et Manon aurait, elle aussi, apprécié. Une échappée, je reviens, une autre, un contre, des accélérations, tout le monde se surveille dans un train d'enfer; Et là, allez savoir pourquoi, je vais prendre une option radicale. De toute façon, au sprint, je suis battu, et aux dernières attaques, je ne pourrai plus répondre. Alors, je décide d'attaquer à vingt kilomètres de l'arrivée. Oui "attaquer", comme un fou, comme un dératé, comme un inconscient. Une attaque qui laisse tout le monde sans réaction. Tous me connaissent et pensent "il n'ira pas au bout" mais !

                        Et moi, je roule, accélère, tout va bien. La petite côte des Borels, bien négociée, un long plat, le village des Césaris, le passage à niveau du Poet. Là, attention, prudence, pas le moindre risque car toujours dangereux, ce genre de passage avec ses rails. Bien passé, ouf, une longue descente vers les Carles, un plat montant, une autre côte et les kilomètres défilent. Je gère. Le soleil commence à chauffer. Plus que 10 km, je n'arrête pas de regarder derrière et… personne. Je rêve et j'en remets une couche. Et si ce dimanche 14 avril était enfin le jour de ma première victoire ? Avoir la joie de lever les bras, de recevoir le bouquet que j'offrirai pour Manon et la coupe du vainqueur. À cet instant, j'y pense fort, très fort. Peut-être trop justement.

                        Plus que 6 km et toujours en tête. Ça commence à coincer, ça brûle, mais je serre les dents, "même pas mal" comme on aime se persuader.

                        La ligne d'arrivée m'attend et me tend les bras. Trois km, un coup d'œil furtif, par-dessous le bras… personne, super, j'y crois de plus en plus, je peux gagner, je vais gagner. Dernier kilomètre, mais qui peut me voler ma victoire, qui ? Mon cœur est au maxi, mes jambes tournent seules, quel pied !

                        Cinq cents, trois cents, cent mètres, la ligne, c'est fait… ma première victoire… les larmes… un cri, une pensée, Manon !

                        Je lâche mon vélo contre la balustrade, j'aperçois mon père qui vient me rejoindre au pas de course. Une accolade, un bravo discret, puis un sourire crispé, un rictus désabusé… une attitude bizarre. Il y a même une larme qui vient mouiller sa joue. Trop d'émotions ? Pas le genre de Papa. Je ne comprends pas, je gagne et Papa fait la moue.

                        Un officiel, brassard rouge, vient me retrouver et me féliciter mais du bout des lèvres, par obligation. Quelques spectateurs font de même dans une immense froideur. Quelle ambiance étrange, loin de la fête espérée. Je me tourne alors vers  mon père et lui demande, les yeux ronds et interrogatifs, dans un regard de nulle part, tout en m'essuyant le visage :

                        "Mais que se passe-t-il Papa ?"

                        Sa réponse tombe comme un cataclysme :   "Y'a un os, un problème, fiston, un gros problème".

                        "Accouche… quel problème ?"

                        Et il me répond d'une voix basse et timide:                      

                        "Tu sais… fiston… le passage à niveau… du Poet… après le village des Carles…."                       

                        "Quoi le passage à niveau ?"                       

                        "Eh bien… tu es le seul à l'avoir franchi avant… le Corail de Marseille".

                        Oui, un sacré problème. Première victoire, mais une victoire au goût amer !

 

1. Bouilli : expression sportive pour dire "pas cuit", "pas HS"

2. Brassens, bien sûr

 

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Mon 42/16

 

le 8 mai 2021

MON 42/16

J’avance, j’en ai bavé sur vous,

Oh, mes roues.

Couché sur vous, plein vent debout

Mon filou.

Pas très à l’aise,

Sur mon quarante-deux seize,

Moi, comm’un con,

La tête dans le

Guidon.

Demain, quand je n’en pourrai plus,

Mon bijou,

Que j’en aurai vraiment plein l’cul,

Un coup d’mou

Pas très à l’aise

Sur mon quarante-deux seize

Mal à mon fion

Rougi comm’un

Jambon.

Hélas, l’hiver me désavoue,

À son tour

J’avais pourtant envie de vous

Quel balourd !

Pas très à l’aise,

Sur mon quarante-deux seize

      Tournant en rond

Tout seul comm’un

      Couillon.

Mais quand reviendra le printemps

Mes loulous,

J’irai pédaler dans le vent

Comm’un fou.

Là, plus à l’aise

Sur mon cinquante-deux treize

      Je bénirai

      Tout l’monde comm’un

Curé.

                             
Jean de la Fontaine aux fadaises

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Tes désirs sont des ordres

 

le 16 avril 2021

TES DÉSIRS SONT DES ORDRES !

Loys m’a demandé, d’une voix singulière,
En ce début d’ printemps, et de belle manière,
De relater ici quelques faits croustillants
De nos parcours-vélo et de leurs incidents.

Mais j’ai besoin de vous, de vos petits tracas,
De vos péripéties et autres aléas,
Pour assouvir son insistante demande,
Au risque, hélas, d’être mis à l’amende.

Alors, un petit effort, amis cyclistes,

Et pour me faire plaisir, soyez réalistes !

                            Par exemple :

Vous retrouvant seul, gueulant comme un sourd,
Forcez-vous de crever, plusieurs fois par jour.
Puis, à la bourre, et encore un peu hagards,
Arrivez au parking, sans votre vert cuissard.
À la pose du matin, sans la moindre malice,
Glissez sur la peau de banane de Loys.
Prenez de belles photos, calmement, en douceur,
Oui mais sans oublier d’ôter l’obturateur !
Sûr, je n’oserai pas vous demander de choir,
Ni d’échouer blessés, sur le bord d’un trottoir.

Voilà, à vous de jouer, d’être ridicules,
Osez tout, pour que, grâce à vous, je fabule
Pour la joie de Loys qui déjà trépigne.
Merci à tous, à l’origine de ces lignes.

Tu vois, ami Loys, loin de moi le plagiat,
Je me laisse aller aux délires de ma saga,
Et je n’ai aucun Bouquin où je pompe mes vers
Pour t’offrir ma déraison comme un bon dessert.

Jean de la Fontaine à vélo

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Cuits et braillards

 

le 20 avril 2021

CUITS ET BRAILLARDS

Ils étaient huit ou dix, ils étaient tous âgés,

Bien nourris, bien dodus, sur leurs vélos perchés,

Qui déchiraient la route, aux ordres de Loys,

Ils étaient tous âgés, ils étaient huit ou dix.

Ils se croyaient champions, n’étaient plus que mirages,

Depuis longtemps déjà leurs exploits oubliés,

Redoutant le grand froid, la pluie et les nuages,

Ils ne pouvaient rouler que les doux mois d’été.

Adieu leur jeunesse, pass’ trop vite le temps,

Pédaler, et encor’, comme par enchantement,

Au gré des tours de roues et d’arrêts-banane,

Ils n’en finissaient pas de vanter leur bécane.

Ils s’appelaient Patrick, Gérard ou bien Jeannot,

Certains grognaient souvent des parcours trop ardus,

D’autres ne disaient rien, de leur bouche, pas un mot

Pour plus vite en finir et soulager leur cul.

Ils savaient hurler fort sur le chauffard du coin,

Qui, sans son clignotant, va déboiter soudain,

Comme s’égosiller et très souvent brailler,

Sur un pote imprudent, qui grill’ priorité.

Certains jetaient l’épong’, malgré leur courage.

Ceux qui ont tant souffert peuvent-ils être heureux ?

Même s’ils refusaient, contents de leur âge,

Qu’avec plein d’attention, on les prenne pour des vieux.


Armé de son portabl’, c’est Guy qui les suit,

Pour ne pas en perdre, quand, hélas, ils sont cuits.

Leurs mollets fatigués, Guitou restait derrière,

Les regardant de loin, les assistant, peuchère !

J’espère qu’aujourd’hui, mes mots vous ont touchés.

On pourrait les chanter, du haut de nos vélos

Et la sueur qu’on répand va un jour nous sauver,

Évitant les vaccins et actes médicaux.

Mais qui donc est de taille à pouvoir arrêter,

Nos sorties, notre humour alors qu’arrive l’été ?

Et s’il le faut un jour, pour pédaler malin,

Je m’électrifierai, négligeant carabins.

Ils étaient huit ou dix, ils étaient tous âgés,

Bien nourris, bien dodus, sur leurs vélos perchés,

Qui déchiraient la route, aux ordres de Loys,

Ils étaient tous âgés, ils étaient huit ou dix.

Jean de la Fontaine sportive


Fontaine à vélo

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Vous

 

le 11 janvier 2021

Vous

Ma vie liée à vous,
Ma plume, encrée de vous,
Je vis, j’écris et je l’avoue,
Je n’écris, je ne vis qu’à travers vous.

Si ma plume de vous est en émoi,
C’est tout mon cœur qui flamboie.
Et s’il bat à votre endroit,
C’est dans la joie que je me noie.

Alors quand arrive le soir,
Veuf de vous, tout m’envoûte,
Comme d’écrire sans ne plus y croire,


Ou de pleurer mon désespoir,
Celui qui me déroute,
Celui que je redoute.

Jean de la Fontaine aux doutes

 

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Out Road

 

le 10 janvier 2021

OUT ROAD

 

Au fond de cette classe, c’est là qu’on a grandi,
Côte à côte en amis, c’est là qu’on a appris.
Tout compris, c’est pas sûr, la vie nous l’a prouvé,
Toi, vite, t’en es parti et moi j’y suis resté.

Tu t’es trompé de route,
Aujourd’hui, ça te coûte.
Quand je vois ta déroute,
Ce gâchis me dégoûte.

Au fond de cette nasse, en sous-sol tu croupis,
Vendant de la merde, en marchand de tapis.
Rien compris de la vie, t’as cessé de bosser,
Pour ces quelques billets, qui sentent si mauvais.

Là n’est pas ta place
Quand tu te prélasses,
Aux bras de cette blondasse,
En quête d’un palace.

Au fond de ce fourgon, devant une prison,
Pleurant toutes tes larmes, si loin de ta maison,
Tu as compris bien tard qu’il fallait se bouger,
Plutôt que faire la fête, avec des étrangers.

T’as vraiment déconné,
J’ne pouvais m’en douter.
J’aurais dû t’alerter
Sur le sort des ratés.

Au fond de ta cellule, honteux et amaigri,
Je viens toujours te voir, dans ton costume gris.
J’essaie de te parler, de te remémorer
Nos souvenirs d’enfance, de nos belles récrés.

Pour être pardonné,
Il te faut oublier,
Tous tes actes malsains,
Tes combines, tes larcins.

Au fond d’un trou, un jour, venir jeter ma rose,
Je veux rester sourd, à une telle chose,
Ni lire souvenirs, autour de ton cercueil,
Un matin de soupir, pour en faire mon deuil.

La mort doit pas gagner.
Pour toi, j’ai tant pleuré.
Je veux encor’ prier
Et demander pitié.

Alors, quand tu vas enfin sortir, tout à l’heure,
Heureux d’embrasser ta petite sœur en pleurs.
Gomme vit’ tous les numéros de tes dealers,
Et ne sauvegarde que celui du bonheur.

Jean de la Fontaine de la vie

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Sans Merci!

 

le 11 novembre 2020 

SANS MERCI !

Aider un peu les gens, délicat exercice,
Qu’il est dur aujourd’hui de rendre service.
J’en ai fait récemment l’amère expérience,
Où les intéressés ont manqué d’élégance.

Ma première déconvenue, je l’eus dans la rue,
« J’ai laissé passer l’aveugle, il ne l’a mêm’ pas vu ».
Mais j’ai persévéré, pourtant un peu déçu.
« J’ai écouté l’muet, qui m’a pas répondu ».
Vexé de ces échecs, persister j’ai voulu.
« J’en ai parlé au sourd, même pas entendu ».
Ensuite, j’ai risqué « pousser » le cul de jatte,
« Il m’a poursuivi, jusqu’à son avocate ».
Puis, entrant au « Casin*, j’ai osé un « salut »,
Alors, on m’a viré, à coups de pied au cul.
Pour finir, j’ai offert des fleurs à une belle,
« Pour harcèlement, j’ai fini aux gamelles** ».


Qu’il est dur aujourd’hui de rendre service,
Aider un peu les gens, délicat exercice.

Jean de la Fontaine aux « Dommages ».

* Casino de jeux

** En prison

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