Maître Jeannot de Calas, fougueux pédaleur,

Ne manquait ni de témérité, ni d’ardeur.

Quand ses amis, encore véloces, le titillaient,

Ce cycliste avéré, au jeu, savait briller.

Un jour, il voulut montrer sa différence,

Et à la troupe, tira sa révérence.

Jeannot, pour, loin de la farce, être le dindon,

Profita d’un replat pour lâcher peloton.

Deux, trois, quatre, puis cinq minutes d’avance,

Le bougre venait de prendre l’ascendance.

Les dents serrées et la tête dans le guidon,

Il largua en un clin d’œil ses vieux compagnons.

Devant, il pédalait, un sourire coquin.

Il venait de « niquer » ses fidèles copains.

Quand, à l’arrivée d’un rond-point très fréquenté,

Il ne sut pas, hélas quelle route emprunter,

Et adopta, après moult hésitations,

Malheureusement, la mauvaise direction.

Le pauvre mécano, ce pauvre zébulon,

Allait, bien malgré lui, passer pour un « couillon ».

Vouloir gagner, c’est bien, et même louable,

Mais Jeannot, retiens morale de ma fable :

« Qui veut espérer, premier un jour arriver,

Doit au départ, du parcours savoir s’inquiéter ! »

« Jean de la Septèmes »

(1621-1695)


  

 

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